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Déserts médicaux : un problème, des solutions

Les déserts médicaux touchent aujourd’hui toutes les régions françaises, particulièrement les zones rurales et périurbaines, les petites ou moyennes agglomérations. Cette notion réfère à la faible densité de professionnels de santé sur un territoire donné. La région Nouvelle-Aquitaine est particulièrement concernée.

Cette réalité résulte principalement de l’instauration au début des années 1970 d’un numerus clausus limitant le nombre de médecins formés dans l’intention de diminuer les dépenses de santé. Cette réduction drastique des effectifs de médecins ne permet plus de compenser les départs à la retraite. D’autres facteurs amplifient cette réalité : la disparition des services publics de certains territoires ne favorise pas le désir d’installation de jeunes professionnels, les aspirations des professionnels de santé évoluent vers la recherche d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, etc.

Dans les territoires concernés, les impacts sont multiples et touchent :

  • Les patients : délai d’attente en semaines, voire mois pour l’obtention d’un rendez-vous, éloignement géographique nécessitant le parcours de longues distances pour consulter, l’absence de médecin traitant après le départ en retraite d’un médecin non remplacé, y compris pour des personnes vivant avec des pathologies ou polypathologies chroniques. Les conséquences s’expriment en termes de moindre recours aux soins, rupture du parcours de soins, dégradation de la santé, pertes de chance. 
  • Les professionnels de santé : files d’attente pléthoriques, les obligeant à refuser de nouveaux patients et à raccourcir leur temps de consultation aux dépens d’actions de prévention ou d’éducation.
  • Le système de santé lui-même avec un report des consultations sur les services d’urgence, eux-mêmes débordés.

Le problème est aujourd’hui pris en considération tant par les professionnels de terrain que par les politiques et plus largement par l’ensemble des instances décisionnaires.  Des solutions sont recherchées, proposées, testées au niveau national et au niveau territorial
: réforme des études médicales, mesures incitatives à l’installation dans des territoires sous-dotés, solidarité professionnelle, développement de nouveaux modes de fonctionnement pluriprofessionnels, etc.
Ce sont l’ensemble de ces aspects que nous balaieront avec des représentants des instances de santé et des professionnels de terrain qui parleront de leurs initiatives pour s’adapter et évoluer vers une meilleure réponse aux besoins de santé de chaque citoyen.

Avec Mr Caffiaux, ARS, Mme Petipas, Mr Baiotto, coordonnateurs CPTS,
Mr Philippe, pharmacien, Mr Proust, ancien directeur adjoint Département des Deux-Sèvres

La vidéo de la soirée

La présentation de l’ARS
La présentation du CPTS

Table ronde mardi 21 avril 18h30

Pour aller plus loin

1 Qu’est-ce qu’un désert médical ?

La notion de désert médical renvoie à une double dimension :
Une dimension temporelle liée au nombre de patients par médecin : plus un médecin a de patients, moins il a de temps à accorder à chacun d’eux.
Une dimension spatiale liée à la densité de professionnels de santé sur un territoire : un désert médical est caractérisé par un éloignement géographique entre les patients et leur médecin, ce qui implique pour eux de parcourir une longue distance pour consulter.

Le développement des déserts médicaux sur le territoire national a donc pour conséquences : 

  • l’accroissement des « files d’attente » avant de pouvoir consulter un professionnel, au risque d’une dégradation de l’état médical des patients ;
  • le déport de consultations vers les urgences médicales. D’une part, les patients ne trouvant pas de professionnels en consultation « classique » recourent par défaut aux urgences pour accéder à un médecin. D’autre part, l’absence de consultation régulière aggrave les situations de santé ;
  • des difficultés majeures pour les patients à s’inscrire auprès d’un nouveau médecin traitant, en particulier lorsqu’un praticien part en retraite. S’il n’est pas immédiatement remplacé, ou si les médecins restants refusent de prendre en charge de nouveaux patients, ces derniers subissent une rupture dans leur parcours de soins coordonnés. Ce parcours assure le remboursement d’une partie des frais de santé et permet d’avoir accès à un bon suivi médical en cas de besoin, notamment pour les personnes atteintes de maladies chroniques.

2 Quelles sont les zones sous-denses en médecins ?

Les pouvoirs publics se préoccupent des déserts médicaux puisqu’il s’agit de remédier à la rupture du service public de santé
Pour suivre l’évolution des déserts médicaux, les pouvoirs publics emploient la méthode du zonage, qui consiste à évaluer la répartition de l’offre médicale sur un territoire. Cette méthode est prévue par l’article L1434-4 du code de la santé publique et repose sur plusieurs critères :

  • l’accessibilité à un professionnel de santé ;
  • les caractéristiques de la population considérée (âge, taux d’affections de longue durée, nombre de bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, etc.) ;
  • le nombre des professionnels de santé, leur âge, leur activité, etc.

Ce sont les agences régionales de santé (ARS) qui identifient les territoires caractérisés par une offre de soins insuffisante ou des difficultés dans l’accès aux soins.
Le zonage s’appuie sur l’indicateur d’accessibilité potentielle localisée (APL) à un médecin. Cet indicateur recouvre trois dimensions :

  • l’activité de chaque praticien, mesurée par le nombre de ses consultations ou de ses visites ;
  • le temps d’accès au praticien ;
  • le recours aux soins des habitants, par classe d’âge, pour tenir compte de leurs besoins différenciés.

L’APL s’exprime en nombre de consultations accessibles par an et par habitant. Il tient compte des médecins généralistes présents sur le territoire. L’âge des praticiens est également pris en compte, afin d’anticiper les futurs départs en retraite.
Dans le cadre du pacte de lutte contre les déserts médicaux présenté en avril 2025, les ARS ont été chargées d’identifier des zones rouges à l’échelle des intercommunalités au sein desquelles une permanence médicale doit être mise en place en priorité. 151 intercommunalités ont été classées en zone rouge en juin 2025.